26. Connexion particulière avec les pierres

 

Samantha a depuis longtemps une étonnante connexion avec les pierres qu’elle peut entendre distinctement parler. Elle en possède d’ailleurs une bonne collection, certaines achetées, d’autres offertes, mais surtout beaucoup qui ont simplement été trouvées dehors et qui l’avaient « appelée ».

Tout cela ne facilite pas sa concentration en classe de science. Au printemps 2019 ma cadette se plaint auprès de sa sœur et de moi. Les cailloux exposés et les esprits parlent tellement fort dans la salle qu’ils couvrent ce que dit l’enseignante. Un obstacle de plus à ses études. Heureusement qu’elle est douée pour apprendre “seule” à la maison.

 

Appels des pendules

J’ai déjà pu constater de visu à quel point ma fille attire les pierres. Comme ce jour où nous nous sommes rendues toutes les deux à un “Salon du Mieux Vivre” pour y prendre de la documentation au stand des « doulas », histoire d’en savoir plus sur la formation nécessaire pour cet accompagnement des futures mamans. Samantha rêve en effet de pouvoir exercer cette activité depuis des années, ce qui n’est pas étonnant, puisqu’elle a clairement cela dans le sang.

Nous nous arrêtons quelques minutes près d’un stand vendant toutes sortes de pendules, dont une majorité fabriqués dans diverses pierres. Plusieurs d’entre eux sont suspendus sur leurs présentoirs. Je les vois bouger littéralement. Ils sont attirés par Samantha comme par un aimant. Le plus étrange étant que certains pendules, eux, restent immobiles, ce qui élimine un mouvement causé par les pas des visiteurs. Samantha me dit alors, un peu ennuyée : « Ils parlent tous en même temps ! ». Certains semblent vouloir aller avec elle et d’autres souhaitent tout simplement discuter.

 

Sensations et émotions au musée

Cette connexion avec les pierres m’apparaît surtout lors de notre visite au très fameux Musée de la Nature et des Sciences de Denver. A peine sommes-nous entrés que Samantha est attirée par la partie consacrée aux gemmes. J’apprends alors que le Colorado est de longue date un très grand producteur de pierres précieuses et même d’or et d’argent. Les pierres exposées sont pour beaucoup très impressionnantes dans ce décor qui nous fait croire que nous avançons dans des galeries minières. Mais à plusieurs reprises nous avons, Samantha et moi, un fort sentiment d’oppression et même mal à la tête. Samantha m’explique que cela provient des objets exposés et elle me fait remarquer : « On peut pas dire que les pierres ne sont pas vivantes ! ». Ce sont bien elles qui instillent cette atmosphère. Mais Sam est triste : « Beaucoup ne sont pas contentes d’être là ! Les pierres sont malheureuses ici ». Son cœur se serre en voyant certaines d’entre elles, comme ce tout petit flacon : « Quand elles sont taillées comme ça, elles ne sont plus dans leur corps physique ».

Elle passe rapidement devant une dioptase : « C’est un genre de pierre très caractériel ! ». Elle accélère aussi le pas devant plusieurs autres vitrines, surtout celles qui ont de gros cailloux : « Ce sont des aspirateurs à énergie, ces pierres ici ! Des aspirateurs à énergie +++ ! ».

Plusieurs pierres sont à ses dires sculptées, mais Samantha ignore si ce sont elles-mêmes qui se sont données cette forme ou si elles ont été créées ainsi par des entités invisibles.

Elle me montre deux pierres : des aragonites. Elle m’explique qu’elles s’entendent très bien avec leur voisine, une grosse smithsonite bleue. Au fil de l’exposition, elle va découvrir plusieurs pierres sur lesquels sont inscrits des signes de l’Au-Delà. Si pour certaines, les signes sont très clairs à mes yeux, pour d’autre, ils sont si atténués qu’ils en deviennent difficilement visibles pour un œil non exercé.

Plusieurs pierres prennent également des formes qui ne sont pas minérales. En regardant une pectolite, elle fait remarquer qu’elle est « en mode passage de l’Autre Côté ». D’autres pierres prennent des formes végétales d’arbres ou de plantes et même « de squelettes d’animaux n’existant pas dans notre dimension ». Sans doute une dernière incarnation dans le minéral avant de passer au végétal ou à l’animal.

Un peu plus loin, Samantha frissonne intensément en passant dans une partie qui reconstitue une grotte. C’est surtout le son qui reproduit des gouttes d’eau tombant au sol et un grondement lointain qui la rend mal-à-l’aise : « Ça me rappelle des cas d’effondrement et d’écrasement avec des gens qui meurent. J’aime pas ce bruit ! ». Maintenant qu’elle me le dit, je réalise à quel point son identification est juste. C’est pour moi une confirmation supplémentaire qu’elle allait bien chercher des âmes décédées durant des accidents durant sa période entre deux-vies.

Elle finira la visite dégoûtée et scandalisée. Une grande vitrine montre un gros ensemble de « stalactites/stalagmites » volumineux et blancs. Elle s’écrie : « Ils ont enlevé les maisons des petits êtres ! C’est énorme ! L’équivalent d’un pays ! ». Elle est écœurée par tant de méchanceté, mais je lui rappelle que pour la quasi-totalité de la population, les pierres sont inertes et le Petit-Peuple n’existe pas. Il y a encore beaucoup d’éducation à faire dans ce domaine-là…

Un peu plus tard, elle s’énervera profondément devant des plaquettes destinées à faire deviner ce qui est vivant et ce qui ne l’est pas aux enfants. Il y a une pierre, de l’eau, un microbe et un lapin. Samantha s’énerve en tapant fortement sur chacune des images : « Vivant ! Vivant ! Vivant ! Vivant ! ». Ce n’est évidemment pas ce qui est enseigné aux plus jeunes.

 

Alexandra Urfer Jungen

 

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