Les marques physiques

 Photo AUJ

 

Corrélations entre taches de naissance et souvenirs de vie antérieure

Le Pr Stevenson et le Dr Tucker (ainsi que d’autres chercheurs) ont constaté que des marques de naissance, des déformations physiques, des pathologies médicales ou des grains de beauté placés en certains endroits ont une très forte corrélation avec les blessures qui, selon le récit de l’enfant, a précédé la mort de sa personnalité antérieure. Ils ont ainsi constaté, par exemple, la présence d’une petite zone de peau sombre au niveau de la poitrine et une autre beaucoup plus large dans le dos qui ressemblaient de près aux marques d’entrée et de sortie d’un impact de balle. Les chercheurs ont aussi relevé la présence sur le cou de marques horizontales chez plusieurs enfants qui se souvenaient avoir été égorgés. Ils ont aussi trouvé des marques triangulaires semblables à celles d’un couteau planté dans le corps, ainsi que des taches correspondant à celles faites par des morsures d’animaux, comme celles de serpents.

La forme des marques de naissance est souvent très inhabituelle. « La plupart des taches de naissances ne sont pas de petites décolorations. Souvent, elles ont une forme ou une taille inhabituelle et sont plissées ou relevées à défaut d’être simplement plates. Certaines peuvent avoir une apparence tout à fait inhabituelle, voire spectaculaires » (1). Ainsi, l’effet « cicatrice » est courant avec absence de poils ou de cheveux à leur emplacement. On doit cependant noter qu’il n’y a pas de constante entre les marques de naissance et la cause du décès. Ce qui sera pour certains une tache de naissance pourra apparaître chez d’autres comme une sorte de cicatrice.

 

La fréquence des marques

Les recherches ont montré qu’il n’y a pas de lien entre l’intensité et la quantité de souvenirs et la présence de marques. Des enfants qui ne font quasiment aucune déclaration sur leur personnalité précédente peuvent avoir des marques impressionnantes et, à l’inverse, d’autres ayant de nombreux souvenirs peuvent n’avoir aucune marque sur le corps. Il n’y a pas non plus de lien entre la présence de marques de naissance et l’intervalle entre le décès de la personnalité antérieure et la naissance du sujet.

Par contre, la fréquence des marques de naissance (ou en tout cas l’intérêt qu’on leur porte) semble beaucoup varier d’une culture à l’autre : « Dans une série de huit-cent-quatre-vingt-quinze cas pris dans neuf cultures différentes, 35% des sujets présentaient une marque (ou une malformation) de naissance, mais le pourcentage de ces sujets allait de 6% au Liban à 65% chez les igbos du Nigeria. Notre connaissance de la fréquence des cas se basait sur les cas signalés ; nous ne savons quasiment rien sur la fréquence réelle. Ceci est également vrai pour les cas présentant des marques de naissance. Nous savons qu’une partie des divergences dans les cas ayant des marques de naissance signalées vient de la plus ou moins grande attention qu’on leur porte selon les cultures… » (2)

 

Les marques de naissances correspondant à des actes chirurgicaux

Certaines taches de naissance ressemblent aussi de près aux traces laissées par des instruments chirurgicaux, comme cela a été le cas pour Patrick qui avait une marque inclinée à la droite de son cou. C’était exactement au même endroit que son frère Kevin, décédé des années plus tôt d’un cancer, avait eu un cathéter implanté pour sa chimiothérapie. Plus étrange encore, Patrick avait des problèmes physiques ressemblant de près aux pathologies de son frère : il avait un nodule sur le cuir chevelu exactement au même endroit que Kevin et il avait une opacité de l’œil gauche comme un rappel de la leucémie de la cornée de Kevin. Il faut ajouter à tout cela les informations exactes que donnait Patrick sur l’histoire de Kevin et sa demande de retourner dans leur ancienne maison.

Ian Stevenson parle encore d’autres cas :« Muhittin Yilmaz avait une marque de naissance horizontale et linéaire qui correspondait à l’emplacement et à l’apparence d’une incision transversale dans le cadre d’une opération chirurgicale de la vessie ou d’organes alentour. Susumu Ogura avait une marque de naissance en forme de croissant derrière l’oreille qui correspondait à l’incision standard faite pour une mastoïdectomie. Ma Choe Hnin Htet avait une marque de naissance linéaire et verticale au milieu du tronc qui correspondait à l’incision chirurgicale faite pour une chirurgie à cœur ouvert que sa tante, dont elle se rappelait la vie, avait subie. La marque de naissance de Juggi Lal correspondait à l’ouverture chirurgicale d’un abcès avec les points de suture afférents faits sur la blessure. » (3) Ma Khin Sandi avait même des marques rappelant les escarres dont elle se souvient avoir souffert durant sa vie précédente et Ma Win Win avait gardé une marque de naissance vers la cheville correspondant à l’adhésif destiné à maintenir l’intraveineuse de la personnalité précédente morte à l’âge de 3 ans suite à une leucémie.

 

Les malformations congénitales

Parmi les marques physiques, on compte également certaines malformations congénitales. Celles-ci touchent environ 2% des naissances et, étonnamment, la majorité d’entre elles ont une cause inconnue. Elles ne sont pas provoquées par des toxines, la prise de drogues, des maladies infectieuses, des facteurs génétiques ou des problèmes liés aux conditions de vie intra-utérines. Ian Stevenson a remarqué dans un certain nombre de cas un lien clair entre ces malformations et les souvenirs d’ancienne vie. Cela a été le cas pour Lekh Pal qui est né sans avoir de doigts à la main droite et qui se souvenait avoir eu les phalanges sectionnées sous les lames d’une machine destinée à couper le fourrage dans sa précédente existence.

Ian Stevenson a ainsi rapporté plusieurs cas de malformations congénitales en connexion avec des événements rapportés de la vie précédente, comme des coups de sabre ou de machette, le passage sous un train, la gangrène, la lèpre, certains dégâts causés par balle et des coups sur la tête pour ne citer que ces exemples.

Un cas étonnant relevé par le chercheur est celui de la petite birmane Ma Htwe qui souffrait de graves malformations avec des anneaux de constriction en bas de ses jambes et sur sa cuisse gauche. Étonnamment, quand elle repliait ses jambes, les anneaux du bas des jambes étaient placés exactement à la même hauteur que ceux de la cuisse. Or, dans les souvenirs de la petite, on avait attaché ensemble les jambes repliées de sa personnalité précédente avant de la jeter dans un puits.

 

Autres caractéristiques rapportées

Il semblerait également qu’un enfant puisse naître avec certaines pathologies médicales liées à son ancienne existence, comme cela a été le cas de Maung Tin Aung qui toussait beaucoup étant bébé et qui s’est rappelé être mort de la tuberculose dans une vie antérieure. Son état s’améliora autour de l’âge de trois ans.

Les marques physiques peuvent par ailleurs être un rappel de caractéristiques corporelles appartenant à l’ancienne personnalité. Savitri Devi était ainsi née avec un ongle noir identique à celui qu’elle avait eu dans sa vie antérieure suite à la chute d’un poids ayant laissé un bleu permanent sur son doigt. Linda avait pour sa part une marque sur le crâne rappelant des restes d’abrasion consécutives au fait d’avoir porté de lourdes charges sur la tête.

On a aussi remarqué la présence de taches de naissance correspondant au sang étalé sur le corps de la personnalité précédente. Dans un cas, cela correspondait même à la tache laissée par un sirop très colorant tombé par inadvertance sur le mourant peu avant son décès. On a également pu retrouver des taches de naissance correspondant à des tatouages ou aux trous faits dans les oreilles de l’ancienne personnalité.

Pour terminer, Ian Stevenson a rassemblé quelques cas de pigmentation inhabituelle de la peau en lien avec des souvenirs de vie antérieure. Par exemple U Kalar avait la peau beaucoup plus foncée que ses parents birmans. Il se rappelait avoir vécu en Inde dans son existence précédente. Le birman blond aux yeux caucasiens Maung Zaw Win Aung parlait en détails de sa vie précédente comme aviateur américain. Il souffrait d’albinisme moyennement sévère.

Pour terminer, on relève que les marques de naissance deviennent souvent plus pâles avec le temps et se déplacent au fur et à mesure de la croissance de l’enfant. Les marques situées sur la tête, le cou et le tronc ont le plus de probabilités de bouger tout simplement parce que le corps humain connaît à ces endroits les plus gros changements proportionnels entre l’enfance et l’âge adulte.

 

L’hypothèse du choc créant les marques

Le Pr Stevenson a examiné les rapports d’autopsie de médecins légistes, des dossiers médicaux d’hôpitaux et les notes prises par des médecins pour les comparer avec les marques de naissance des enfants ayant le souvenir d’une autre vie. Il est apparu qu’il y avait une forte corrélation entre les dossiers des personnalités antérieures et les marques sur le corps des enfants, mais que ce ne sont pas les blessures mortelles qui apparaissaient systématiquement chez les nouveau-nés. Ce sont en général les blessures ayant un impact émotionnel fort avant que l’individu sombre dans l’inconscience qui vont s’imprimer sur le corps de la nouvelle personnalité. Les blessures ultérieures, même mortelles, ne laisseront pas de marques.

Autre élément, Ian Stevenson relève que l’enfant a bien plus de probabilité d’avoir une marque de naissance lorsque le décès a eu lieu dans les vingt-quatre heures et plus encore dans les cinq minutes après la blessure. « La conscience serait tellement affectée par le traumatisme ayant conduit aux blessures figurant sur le corps du défunt qu’elle influence le développement du fœtus et produit des marques similaires. Étant donné que les enfants affirment également se souvenir d’une vie antérieure dans laquelle la personne qu’ils disent avoir été avait des blessures correspondantes, la réincarnation est certainement l’explication paranormale la plus évidente et peut-être la seule qui soit viable dans ce genre de cas » (4).

Il faut encore relever que certaines marques de naissance se rapportent à la période faisant directement suite au décès, comme cela a été le cas par exemple pour Chamroon. Il avait une marque circulaire d’environ 1cm sur le crâne. Un rappel du clou qui a traversé par mégarde le panneau du cercueil dans lequel il était enfermé après le décès de son ancienne personnalité. On peut mettre dans cette catégorie les marques expérimentales faites dans de nombreuses régions du monde. Il n’est pas impossible que la personnalité désincarnée, encore présente près de son corps, ait là aussi été suffisamment marquée (c’est le cas de le dire) par ce qu’elle « voyait » pour reproduire les signes observés après son décès sur le corps de la nouvelle incarnation.

Pour terminer, je rajouterai que certaines caractéristiques, comme une claudication ou des tics, semblent dans certains cas se transmettre à l’existence suivante.

 

 

Alexandra Urfer Jungen

 

 

  1. Dr Jim B. Tucker, Une vie avant la vie, 40 ans d’études scientifiques sur des cas de réincarnation d’enfants, Dervy, 2015, p.9
  2. Ian Stevenson. Réincarnation et biologie, la croisée des chemins, Dervy. 2002, p.152
  3. Ian Stevenson. Réincarnation et biologie, la croisée des chemins, Dervy. 2002, p.127
  4. Dr Jim Tucker, Une vie avant la vie, 40 ans d’études scientifiques sur des cas de réincarnation d’enfants, Dervy, 2015, p.84