Des psychologues au chevet du phénomène de possession

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Diagnostic de psychose et possession

On pose souvent un diagnostic de psychose face aux symptômes apparaissant lors d’une possession : hallucinations auditives avec des voix plus ou moins sympathiques et le sentiment d’être sous une influence extérieure pouvant selon les cas dicter impérativement une conduite.

« S’appuyant sur le discours et le récit de leurs patients, la plupart des psychiatres et psychothérapeutes n’ont pas pour habitude de chercher la vérification objective des allégations du patient. Et pour cause. Seule la réalité intérieure du sujet est à prendre en compte dans un cadre psychothérapeutique. De ce fait il y a chez ces praticiens une difficulté à appréhender la dimension paranormale qui peut exister dans les phénomènes de possession-hantise ». Le réflexe médical de caser les personnes entendant des voix comme psychotiques a ainsi créé nombre d’abus. Cela a « amené des « usagers » de la psychiatrie (soignants et patients) à fonder des associations pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un étiquetage abusif. Ainsi, en 1997 fut fondé l’International Network for Training. Education and Reasearch into Hearing Voices (Intervoices) destiné à coordonner toutes les associations “d’entendeurs de voix” de par le monde. Ces associations proposent un réseau d’aide et des lieux de rencontre et d’échange autour de ce type d’expérience » (1).

 

Ce qu’en disent des psychiatres réputés

Un certain nombre de cas semble en effet échapper à toute explication psychiatrique. C’est là qu’une autre hypothèse s’impose. le 17 mai 1897, Freud a ainsi écrit : « La théorie médiévale de la possession… était identique à notre théorie du corps étranger et de la dissociation de la conscience. » (2).

Carl Gustav Jung était pour sa part persuadé que la théorie de l’inconscient n’expliquait pas tout. Ce qu’a confirmé le médecin psychiatre américain Carl Wickland qui vivait à cheval entre le 19e et le 20e siècle. Il découvrit un peu par hasard que les esprits de certains trépassés pouvaient, comme le disait la plupart des traditions religieuses, s’emparer d’un corps humain. Il en conclut que bien des personnes qui finissaient en hôpital psychiatrique et accusées de graves maladies mentales étaient en fait « parasitées » par ces esprits de personnes décédées. Un parasitage souvent facilité par une médiumnité latente, mais aussi par un état de faiblesse dû à un choc psychologique ou à un épuisement nerveux. Un mauvais état de santé peut également causer la possession.

 

La méthode du psychiatre Carl Wickland

Selon Carl Wickland, la plupart du temps, ni le patient, ni l’entité décédée n’ont conscience de la présence d’un « co-locataire », mais les conséquences en sont très graves : schizophrénie, tendances suicidaires, dépression, hystérie, épilepsie, alcoolisme, etc.. Avec l’aide de son épouse, il mit au point un protocole très simple qui consistait à envoyer à ses patients des petites décharges électriques inoffensives et indolores, mais qui avaient la capacité de faire sortir les entités du corps de leur hôte. Celles-ci étaient ensuite envoyées dans le corps de son épouse qui avait la faculté d’être médium trans, c’est-à-dire qu’une entité pouvait prendre possession de son corps. S’en suivait enfin une séance de psychothérapie destinée à… l’esprit décédé.

Carl Wickland a traité des centaines de cas ainsi. A la fin de sa carrière, il avait acquis la conviction que la plupart des personnes qu’on accusait de maladie mentale souffraient en fait de possession. Le psychiatre anglais Arthur Guirdham est arrivé à la même conclusion et a adopté la même méthode thérapeutique. Il pensait lui aussi après quarante années de travail que les graves maladies mentales étaient causées par la présence d’esprits possessifs.

Le Dr Jean-Jacques Charbonier rejoint également l’analyse de Carl Wickland. Selon lui, si les médiums ont la capacité de se brancher de manière contrôlée sur les messages des défunts, « on imagine la situation infernale qui serait vécue si ce contrôle n’était plus possible. Il est probable que bon nombre de schizophrènes enfermés dans nos hôpitaux psychiatriques soient en fait d’excellents médiums incapables de mettre l’interrupteur de leur conscience intuitive extra-neuronale sur la position “off”  [voir la page « Les hypothèse/Ce mystérieux cerveau/la conscience intuitive extra-neuronale“. Vous pouvez aussi voir les pages “Maladies de l’âme”]». (3)

 

Les personnalités multiples

D’autres médecins et psychiatres ont rejoint Carl Wickland concernant les cas particuliers de personnalités multiples. On sait que dans 97% des cas de personnalités multiples, il y a eu d’importants sévices vécus durant l’enfance. Beaucoup de psychologues pensent que les sévices expliquent les personnalités multiples. Cependant, un certain nombre de psychiatres et de psychologues pensent, pour leur part, qu’un système nerveux épuisé par les brutalités et les traumatismes va faciliter la possession.

Le Père François Brune explique à quel point le phénomène des personnalités multiples est étonnant : « Depuis 1953, des études en Italie ont montré que ces cas de personnalité multiple pouvaient aller jusqu’à de véritables différences physiologiques. Depuis 1970, des recherches en ce sens aux Etats-Unis l’ont confirmé : telle femme qui, habituellement, ne perçoit pas les couleurs se met à les distinguer chaque fois qu’elle est envahie par une personnalité secondaire. Telle autre, diabétique, n’aura pas besoin de la même dose d’insuline selon la personnalité qui la contrôle. Une autre personne devra changer de lunettes chaque fois qu’elle change de personnalité. Les uns seront gauchers ou droitiers selon les jours. D’autres sujets à des allergies différentes » (4) Même les doses d’anesthésiants et les EEG peuvent changer selon la personnalité ! Tous ces éléments ont d’ailleurs servi de base pour les films « Split » et “Glass” de M. Night Shyamalan.

 

Changer de paradigme

Que l’on croie ou non à la possession, on constate donc qu’il y a des techniques efficaces pour aider les personnes souffrant de personnalité multiple et d’autres importantes pathologies psychiques. Il est donc incompréhensible que celles-ci ne soient pas utilisées aujourd’hui sous prétexte qu’elles ne sont pas “politiquement correctes”. « C’est une histoire absolument fantastique, qui aurait dû entraîner une révolution considérable dans toutes les méthodes psychiatriques, quitte à l’adapter, la modifier, la diversifier. Mais évidemment, elle implique que l’on admette la survie après la mort, et même la possibilité d’une communication entre le monde invisible et le nôtre. Pour le matérialisme étroitement borné de beaucoup de scientifiques, c’est beaucoup demander. L’obscurantisme scientifique, on le sait, n’a rien à envier à l’obscurantisme religieux ». (5)

A noter que dans plusieurs pays du Sud comme au Brésil, il est courant d’avoir des magnétiseurs et des médiums travaillant dans les hôpitaux en soutien aux médecins classiques.

 

Alexandra Urfer Jungen

 

  1. Isabelle de Kochko et Djohar Si Ahmed, « Expériences de hantise et de possession » in Manuel clinique des expériences extraordinaires sous la direction de Stéphane Allix et Paul Bernstein, INterEditions, 2013
  2. Luisa de Urtubey, Freud et le diable, PUF, 1983
  3. Dr Jean-Jacques Charbonier, La conscience intuitive extraneuronale, Guy Trédaniel éditeur, 2017, p. 73
  4. Père François Brune, Les morts nous parlent, tome 1, Le Livre de poche, 2009, p.351
  5. Père François Brune, Les morts nous parlent, tome 1, Le Livre de poche, 2009, p.351