Un monde dans lequel la vie après la mort est reconnue

Le psychiatre et psychologue Gary Schwartz -qui a beaucoup étudié la médiumnité- s’est demandé comment serait le monde si nous avions tous la certitude que la vie continue après la mort.

Changements de priorités

« Si nous étions certains que la survie de la conscience était réelle, nous ne laisserions plus la société nous dicter nos comportements. Nous essaierions au contraire de trouver un sens et un but à notre propre vie et nous nous rendrions compte que nous pouvons devenir des êtres humains bienveillants, dotés d’une immense capacité d’amour…

Si nous arrivions à accepter entièrement l’idée que l’acquisition de biens matériels est moins importante que la qualité du temps passé avec ceux que nous aimons, nous serions plus heureux et en meilleure santé. Nous l’avons vu dans les travaux complémentaires de l’étude sur le stress de Harvard, aimer semble être bénéfique pour la santé…

Il est évident que l’hypothèse des âmes vivantes et ses nombreuses implications pourraient être bénéfiques à nos propres vies, à celles de nos proches et à toute la planète. Elle nous donne de nouvelles raisons d’agir plus en adéquation avec notre cœur. Concernant les relations humaines, nous n’aurions plus à considérer les personnes que nous connaissons, notamment dans le cadre du travail, comme des obstacles entre nous et ce que nous attendons de la vie.

L’hypothèse des âmes vivantes nous incite à repenser notre gentillesse et notre compassion. Ces valeurs pourraient prendre plus de place dans nos relations. Si vous avez été cruel envers quelqu’un qui est par la suite décédé, comment vous sentiriez-vous si vous aviez la preuve scientifique et étiez donc certain que cette personne était présente ? Vous sentiriez-vous à l’aise à l’idée qu’elle puisse être littéralement à vos côtés ? Seriez-vous prêt à lui faire face lorsque votre dernière heure aura sonné ? »

 

De nouveaux témoins pour le système judiciaire

« Certaines personnes décédées auront été témoins de crimes, surtout si elles sont les victimes dans des affaires de meurtre. Théoriquement, si l’activité des médiums professionnels, ceux reconnus scientifiquement, n’était à l’avenir plus contestée, les tribunaux pourraient demander de recueillir le témoignage d’une victime décédée au sujet d’un crime commis… Le témoignage d’une victime décédée pourrait peser de manière décisive sur le verdict et entrainer la condamnation ou l’acquittement de l’accusé, surtout si ce témoignage pouvait être obtenu de manière scientifique et validé indépendamment par plusieurs médiums assermentés par le tribunal…

Les avocats et les hommes d’affaire devront également réétudier la question des droits de propriété intellectuelle. Supposez qu’un scientifique, un ingénieur, un inventeur ou un créateur meure et qu’il communique depuis l’au-delà une découverte susceptible d’être brevetée, comme un sujet de livre ou de film, un nouveau concept artistique, les plans de construction d’un nouvel édifice ou un projet visant à réduire la criminalité ou à réinsérer les criminels. A qui ces découvertes devront-elles être attribuées ? Les brevets seront-ils tenus conjointement par des vivants et par des morts ? Les syndicats d’auteurs devront-ils trancher entre le collaborateur vivant et le collaborateur décédé d’un texte ?…

Commencerons-nous à parler de « droits des morts » et verrons-nous l’émergence d’une nouvelle législation visant à protéger ces droits ? »

 

Respect envers ceux qui voient

« Les enfants disent souvent avoir des amis imaginaires et voir des fantômes et des anges. Les adultes mettent en doute expériences en affirmant qu’elles ne sont qu’illusions. Toutefois, si l’hypothèse des âmes vivantes est avérée, la thèse selon laquelle les enfants seraient plus réceptifs à ce genre d’informations est envisageable. Encourageons les jeunes à cultiver ces expériences pour qu’à l’âge adulte, leurs dons latents puissent se développer et servir la société…

Les enfants qui disent « voir des choses » deviennent parfois des adultes considérés comme psychotiques et paranoïaques par les professionnels de la santé mentale. Le fait de discréditer ces expériences et de la qualifier de délirantes et d’hallucinatoires favorise souvent les troubles du comportement. Les personnes vivant ces expériences finissent par redouter leur propre conscience et se croient littéralement folles. L’esprit humain est extrêmement inventif et certaines des personnes qui affirment voir des choses ne sont probablement témoins que du fruit de leur propre imagination. Cependant, si l’hypothèse des âmes vivantes est vraie, les diagnostics de paranoïa et d’hallucinations devront être réexaminés. Non seulement les professionnels de la santé mentale devront faire preuve d’une plus grande ouverture d’esprit et adopter des démarches plus scientifiques, mais des médiums expérimentés devront peut-être aussi intégrer les équipes de santé mentale afin d’aider les médecins à établir des diagnostics et à traiter les patients, notamment ceux qui ont du mal à accepter certains aspects de la réalité spirituelle. »

 

La médecine métamorphosée

« Si les médecins ne voyaient plus la mort comme une fin, mais comme un nouveau départ, leur approche thérapeutique concernant les personnes gravement malades changerait radicalement. Sauver quelqu’un « à tout prix » serait-elle vraiment la meilleure solution ? Si l’hypothèse des âmes vivantes est vraie, des pratiques spirituelles ne devraient-elles pas être intégrées aux procédures médicales lors de la séparation entre l’âme vivante et le corps physique ? Les implications sont immenses en ce qui concerne les maisons de retraite et les soins palliatifs.

Si l’hypothèse des âmes vivantes est avérée, la « médecine assistée par les esprits » pourrait également être possible. Si le personnel médical apprenait à communiquer avec l’au-delà, il pourrait obtenir des conseils et de l’aide de médecins et de thérapeutes décédés, ce qui permettrait d’améliorer les techniques médicales… »

 

Le point de vue religieux

« Si l’hypothèse des âmes humaines est avérée, nous devrons tous reconsidérer l’histoire et l’évolution des institutions religieuses. Nous découvrirons très probablement que de nombreuses religions sont davantage reliées au plan spirituel que leurs chefs ne le croient actuellement. De la même façon que le personnel de santé prend conscience, doucement mais sûrement, qu’il doit associer la médecine classique et la médecine alternative dans le cadre d’une médecine intégrée, le domaine de la spiritualité regroupera peut-être un jour les religions traditionnelles et les croyances alternatives dans le cadre d’une spiritualité universelle. »

 

Pr Gary Schwartz, William Simon, Extraordinaires contacts avec l’au-delà, les découvertes scientifiques irréfutables sur la vie après la mort, Guy Trédaniel éditeur, 2017, pp 277-288