Réflexion sur les EMI

PhotoLaura Jungen

L’hypothèse de la survie après la mort

On peut dire aujourd’hui que l’hypothèse d’une vie après la mort a nettement plus de preuves que l’hypothèse matérialiste selon laquelle tout s’arrête au moment de la mort.
« Ces vécus d’EMI sont porteurs d’un sens spirituel qui outrepasse la simple religiosité. Il s’agit véritablement d’expériences mystiques survenant dans un cadre profane et qui pousse à concevoir la spiritualité dans un contexte plus large que celui des religions… Les EMI ne prouvent pas l’existence de l’âme, ni l’autonomie de la conscience ou sa capacité éventuelle à survivre à la mort, mais elles suggèrent tout le moins qu’il est rationnel d’envisager de telles possibilités. » (1)

 

Le modèle matérialiste est une convention

Comme le relève le Dr Jean-Jacques Charbonnier : « En Occident, nous évoluons dans une société matérialiste, spirituellement sous-développée, dans laquelle il est convenu de nous inculquer depuis notre plus jeune âge que la mort signifie le néant. Autrement dit, la vie étant étroitement dépendante de la matière, aucune existence ne semble possible lorsque la matière disparaît. Mais ceci n’est que pure convention car il n’y a aucune preuve rationnelle de cette croyance matérialiste. » (2)

 

Absence de différence entre EMI et expériences de type EMI

On notera pour finir qu’il n’y a pas de différences significatives entre les expériences de mort imminentes qui apparaissent lorsque le corps est mourant et les expériences de type EMI provoquées entre autres par la méditation, le sommeil, la consommation d’alcool ou de drogue. L’étude menée par le chercheur belge Steven Laureys qui dirige le Coma Science Groupe à l’Université de Liège démontre ainsi que le contenu et l’intensité de l’expérience est significativement semblable dans les deux cas et les sentiments de bien-être et de joie profonde sont ressentis par plus de 90% des expérienceurs des deux catégories.

 

Ecouter les témoins

En conclusion, comme l’explique Jocelin Morrisson : « Le principe d’économie en science, ou rasoir d’Occam », incite à privilégier l’hypothèse la plus « simple ». Mais la notion de simplicité est ici relative et dépendante de nos conditionnements intellectuels. L’hypothèse d’une réelle « sortie de corps » de la conscience est jugée plus extraordinaire et donc moins économique uniquement en fonction de ces conditionnements. Ainsi, plutôt que de tenir compte du récit des témoins eux-mêmes qui insistent tous sur le fait qu’ils ont « quitté leur corps », même s’il s’agit seulement d’une « sensation », les tenants d’une position strictement rationaliste (mais pas nécessairement rationnelle) vont systématiquement rejeter cette interprétation et privilégier une hypothèse faisant appel à la notion d’éveil peropératoire et à une reconstruction a posteriori d’un scénario à partir d’éléments perçus avant et/ou après la période d’inconscience. En quoi cela est-il plus économique ? Tout scientifique à l’esprit vraiment ouvert devrait considérer l’hypothèse « hors du corps » de façon neutre en dépit de son caractère prétendument « extraordinaire ». (3)

 

Alexandra Urfer Jungen

 

1) Jocelin Morrisson, L’expérience de mort imminente, Editions de La Martinière, 2015, p.10
2) Dr Jean-Jacques Charbonnier,Les 7 bonnes raisons de croire à l’Au-delà, les preuves incontestables d’une vie après la mort, J’ai lu, Aventure secrète, p. 65
3) Jocelin Morrisson, L’expérience de mort imminente, Editions de la Martinière, 2015, pp. 118-119