Comment se sent l’enfant qui a des sorties du corps

 

  • Il peut être terrorisé par ce qu’il voit, croyant qu’il est en train de mourir. Il peut avoir peur d’aller au lit, puisque l’endormissement favorise les sorties de corps.
  • Il a la conviction absolue que ses sorties de corps sont bien réelles. Il n’a pas le moindre doute qu’il a bel et bien quitté son enveloppe physique. Néanmoins, à un âge plus avancé, il peut se demander si ce qu’il vit est aussi vrai qu’il le ressent, car ce n’est pas conforme avec ce qu’il a pu apprendre à l’école ou dans sa famille. Il peut avoir peur de devenir fou. Il va chercher à vérifier si ce qu’il perçoit en sortant de son corps existe. Par exemple: vérifier qu’il y a bien l’affiche ou la petite inscription cachée sur un bâtiment qu’il a pu observer lors de sa sortie de corps.
  • Le corps peut être ressenti comme une prison très étroite. Il se sent plus à l’aise à l’extérieur de son corps.
  • La sortie de corps peut être un moyen d’échapper à une réalité trop douloureuse, comme les maltraitances physiques ou psychologiques. Elle peut être provoquée par des états de peur et de stress intenses en agissant comme une soupape de sécurité.
  • L’enfant s’ennuie terriblement dans notre monde d’adulte avec ses règles peu compréhensibles et ses enseignements qui peuvent lui paraître inintéressants. S’il a la capacité de sortir du corps, il va, parfois sans qu’il le souhaite, partir là où il se sent bien : chez un proche qu’il aime, dans sa chambre, dans une forêt, au bord d’un lac, voire sur d’autres planètes ou dans d’autres dimensions. L’ennui est un important moteur des sorties de corps. Dans certains cas, il suffit à l’enfant de s’inquiéter pour quelqu’un ou pour son animal préféré pour qu’il se retrouve immédiatement auprès de lui.
  • L’enfant peut même développer une deuxième vie, avec des amis et des activités dans une autre dimension. Il lui est très difficile de revenir dans notre monde qui est souvent beaucoup plus dur que les autres mondes qu’il peut côtoyer.
  • Il est possible qu’il vive ce que certains appellent « fusion chamanique », avec un sentiment d’incorporation de l’âme dans le corps d’un animal, d’un végétal, voire d’un être humain ou d’un minéral. Des éléments décrits par le psychiatre Stanislav Grof (1).
  • L’enfant a une conscience aiguisée de la « réalité » et il sait qu’il y a bien une vie après la mort. Ses priorités ne sont plus ancrées dans le matériel, mais beaucoup plus sur l’environnement, les liens avec les amis, des projets d’entraide, etc.

1) Stanislav Grof, Quand l’impossible arrive, Guy Trédaniel éditeur, 2007