Prise de possession par un démon

 

 

Les symptômes de la possession démoniaque

« Quel que soit le type de possession démoniaque, la victime est frappée des mêmes symptômes qui, sans être constants, reviennent à intervalles réguliers. Les attaques sont le plus souvent nocturnes, même si elles peuvent arriver de temps en temps dans la journée. C’est lorsque le démon s’introduit dans le corps du possédé que la crise se manifeste. Outre un changement de personnalité, un démon va insuffler à sa proie de l’agressivité, de la violence, de l’arrogance. Celle-ci va déployer une force hors du commun à tel point qu’il faudra plusieurs hommes pour la maîtriser en cas de crise. Comme son corps ne lui appartient plus, mais qu’il appartient au démon, la cohabitation se fait dans la souffrance.

Soumise à une peur inexpliquée, la victime est dans le rejet de tout ce qui est sacré, comme l’impossibilité d’entrer dans un lieu de culte, de supporter la vue d’un crucifix ou une image pieuse. Ses malaises peuvent aller jusqu’aux vomissements, engendrer une forte transpiration ou des tremblements. Sa voix change, tout comme son regard qui devient noir et vide. Contrairement aux cas précédents de parasitages ou d’envoûtements, la victime ne ressent aucune fatigue ; elle a au contraire une vie « normale ». Quand le démon s’exprime à travers elle, elle montre un tonus exceptionnel. En revanche, après la prise de possession, elle se voit vidée de son énergie. »

 

Les réactions durant l’exorcisme

« Quand [le prêtre] procède à l’exorcisme, il retrouve sensiblement chez les souffrants les mêmes symptômes caractéristiques : la force surhumaine, l’agitation fébrile, les tremblements, la haine de Dieu, mais aussi la glossolalie (1) et les hurlements. [L’exorciste Dom Amorth ajoute aussi la capacité de révéler des choses cachées.] Lorsque l’exorciste impose ses mains sur le possédé, ce dernier se trouve dans l’incapacité de contrôler son corps, manifestant des convulsions, des vomissements et une grande violence. Quand [l’exorciste] l’asperge d’eau bénite, il se tord de douleur et hurle. L’imposition du crucifix déclenche en lui une grande souffrance, semblable à celle d’une brûlure. Parfois, son corps se cabre, se courbe anormalement, se désarticule ; ses bras tombent comme ceux d’un pantin. Des tremblements l’agitent jusqu’à en devenir frénétiques, comme s’il était électrocuté. Il lui arrive aussi, bien que très rarement, de se mettre en lévitation.

Pendant les prières, le possédé peut pousser des cris de rage, proférer des menaces, des insultes, exprimer des rugissements ou des hurlements bestiaux. Son cri est à glacer d’effroi, comme si on l’égorgeait. Le nom du démon est parfois hurlé ; d’où l’intérêt pour le prêtre d’être accompagné d’un assistant qui peut le noter afin de pouvoir l’identifier par la suite… Ne s’appartenant plus, le possédé peut prendre une voix inhabituelle et utiliser une langue étrangère indéfinie, mais pourtant cohérente dans sa construction… Elle semble parfois ressembler à de l’araméen ou à de l’hébreu. Il s’agit apparemment de sonorités orientales antiques. [Le Père George de Saint Hirst relève qu’il a rencontré] un jour une personne qui a répété à l’envers ses prières en latin, avec une grande rapidité et fluidité. Pourtant, celle-ci, non pratiquante et ne maîtrisant pas le latin, ne pouvait pas connaître les formules d’exorcisme employées. C’est ainsi que l’on se rend compte que quelque chose n’est « pas normal », donc « paranormal ».

 

Les changements physiques

Il arrive que la peau du possédé change de couleur – bleutée ou grise – ou encore que ses mâchoires avancent de façon spectaculaire, lui conférant un visage chevalin. Injectées de sang, ses pupilles se dilatent parfois jusqu’à former une fente, faisant penser au regard d’un reptile. Des traces sur sa peau peuvent apparaître, comme des stigmates – des cercles, des triangles, des étoiles –, ou encore des griffures dans son dos. Sa tête peut pivoter à 180°… Enfin certains possédés bavent une substance de couleur verte, crachent des clous ou d’autres objets… »

 

Les « esprits malins »

« On nomme certains démons des « esprits malins parce qu’ils jouent avec leur victime et le prêtre. Ils se moquent, rient de tout, font des blagues, chantent et s’expriment à travers le possédé : « Tu ne m’auras pas, je ne sortirai pas… » Même s’ils font partie de la basse catégorie des démons, ils sont plus nocifs que les « esprits guerriers », car ils refusent le combat et ne sont pas agressifs. Il est très difficile de les saisir, tant ils sont déstabilisants. Un démon agressif s’exprime ainsi par la bouche du possédé : « Casse-toi, pauvre prêtre, je vais te tuer ! »

 

Après la délivrance

« En fonction de la catégorie du démon [il peut y avoir besoin] d’exorciser la victime plusieurs fois avec des prières du « Grand exorcisme »… Lors de la délivrance, elle retrouve instantanément la paix, couplée d’une sensation de grand vide intérieur à laquelle il va falloir qu’elle s’habitue. L’acte d’exorcisme, très éprouvant, engendre une fatigue physique énorme accompagnée de fortes courbatures, à tel point qu’il faut parfois porter la personne. Perturbée, voire alitée pendant deux à trois jours, elle peut mettre deux semaines pour reprendre une vie normale. Cela dépend de la puissance du démon auquel on a eu affaire. »

 

Un travail qui peut être de longue haleine

« Un démon peut se mettre en sommeil pendant un temps donné avant de se réveiller et de se manifester à nouveau. Après l’exorcisme, certains démons perdent tellement de force qu’ils sont incapables de se montrer pendant des mois. Mais, ils peuvent se réveiller si « la maison » du souffrant n’est pas propre. Je parle ici de sa maison intérieure. Il faut rester constamment en état de vigilance. D’autant plus que les démons sont souvent légions et se soutiennent. On peut être possédé par plusieurs démons en même temps. Dans ce cas, il faut les faire sortir patiemment de la victime les uns après les autres, à intervalles réguliers. Ce qui peut prendre plusieurs années. »

Tiré de l’ouvrage : Père Georges de Saint Hirst, L’exorcisme, guérison des maladies de l’âme, entretiens avec Julie Klotz, Guy Trédaniel éditeur, 2018, pp.104-109

 

  1. Fait de parler une langue inconnue