Les expériences scientifiques sur la sensation d’être observé

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Des résultats extrêmement signifiants

Le biochimiste Rupert Sheldrake est l’un des chercheurs qui a étudié la sensation d’être observé. (1) L’un des protocoles de recherche qu’il a employé consistait à demander aux participants de deviner s’ils étaient observés ou non. La session d’une vingtaine d’essais durait moins de dix minutes. Les participants devaient donc répondre très rapidement. Cette expérience a également été menée par d’autres équipe, la plupart du temps dans des écoles et des universités.

En tous lieux, il y a eu une grande constance des résultats avec 55 % de réponses justes, ce qui est au-dessus des 50% attendus si tout cela n’était dû qu’au hasard. Cela semble peu, mais multiplié par des dizaines de milliers d’essais, ce résultat est très significatif. (2)

La plus grande enquête a ainsi rassemblé en 1995 18’000 paires sujet-observateur au centre NEMO (le Musée scientifique) d’Amsterdam. Les résultats ont montré une signifiance statistique très élevée, puisqu’elle était de p = 10 -376. Donc une probabilité que l’on peut qualifier de nulle que les résultats positifs de l’expérience soient dûs au hasard. La sensation d’être observé est bien réelle.

 

L’observation à travers un système de télévision

Plus étonnant: nous semblons garder la sensation d’être observé même quand cette observation se fait dans une autre pièce à travers un système de télévision en circuit fermé. Les études ont ainsi montré des variations significatives de conductance cutanée du sujet lorsque celui-ci était observé sur un écran de télévision. Le corps sait, même si le sujet n’a pas conscience qu’on le regarde. (3).

Dean Radin a confirmé cette connaissance que le corps a quand nous sommes observés. Il a de son côté effectué une expérience avec un électrogastrogramme (EGG) pour savoir si l’activité contractile de la région gastro-intestinale pouvait réagir à distance selon les émotions de l’observateur. (4) Dans ce cas, un système interne de télévision diffusait une image du sujet, mais aussi, de temps en temps, des images émotionnellement positives, négatives neutres ou calmantes.

« Les résultats ont montré que les réponses EGG étaient significativement plus marquées lorsque l’observateur expérimentait les états positif et négatif, comparativement à l’état émotionnellement neutre. En d’autres termes, la région gastro-intestinale de l’individu observé répondait aux émotions de l’observateur, même si les paires de participants (l’observateur et l’observé) étaient physiquement séparées et ne pouvaient communiquer entre elles via les canaux sensoriels normaux. » (5).

Le fait que la sensation d’être observé soit également valable par caméras interposées rejoint le témoignage de nombreux responsables de sécurité, comme l’a découvert Rupert Sheldrake durant son enquête : “Mes assistants et moi-même avons interrogé de nombreux personnels de sécurité dont le travail est d’observer les gens sur écran. La plupart estimait que certaines personnes peuvent ressentir quand on les observe. Le responsable de la sécurité d’une grande entreprise londonienne n’avait aucun doute sur ce sixième sens possédé par certains: “Ils peuvent avoir le dos tourné par rapport à la caméra, ou être observés à travers des dispositifs furtifs invisibles, et pourtant ils vont se montrer agités dès que la caméra est braquée sur eux. Certains s’éloignent, d’autres la cherchent des yeux.” (6)

Il s’agit donc d’un phénomène qui reste présent à distance et qui semble mettre en route beaucoup plus l’intentionnalité de l’observateur que le regard en lui-même.

 

 

Alexandra Urfer Jungen

 

 

1. R. Sheldrake « Experiments on the sense of being stared at: the elimination of possible artefacts”, Journal of the Society for Psychical Research, 2001, 65, pp 122-137
2. J.Colwell, S. Schröder, D. Sladen, « The ability to detect unseen staring: A literature review and empirical tests, British Journal of Psychology, 2000, 01, pp 71-85
3. S. Schmidt, R. Schneider, J. Utts, H. Walach, « Distant intentionality and the feeling of being stared at : two meta-analysis », British Journal of Psychology, 2004, 95, pp 235-247
4. D. Radin, M.J. Schlitz, « Good feelings, intuition and emotions : an exploratory study », Journal of Alternative & Complementary Medicine, 2005, 11, pp 85-91
5. Dr Mario Beauregard, Un saut quantique de la conscience, pour se libérer enfin de l’idéologie matérialiste, Guy Trédaniel éditeur, 2018, p.102
6. Rupert Sheldrake, Réenchanter la science, une autre façon de voir le monde, J’ai Lu, 2016, p.365