Les visions à l’approche de la mort

 Photo AUJ

Le 90 % des individus en phase terminale est dans un coma trop profond pour pouvoir communiquer, mais sur les 10% restant un grand nombre affirme observer d’étranges choses au pied de leur lit.

L’étude de la psychologue Emily Williams Kelly et de ses collègues montre que 41% des patients mourants affirment avoir eu des visions près de leur lit quelques heures ou quelques jours avant leur décès (1). D’autres études affirment même que plus de la moitié des mourants encore conscients font de telles affirmations. A noter que ce phénomène touche également les personnes qui ignorent la gravité de leur état ou dont on n’attend pas forcément une mort prochaine.

 

Caractéristiques des visions à l’approche de la mort

En moyenne, les visions vont apparaître dans les 72 heures avant le décès et elles sont généralement de courte durée : pas plus de quelques secondes. Les mourants  disent apercevoir des proches décédés, des êtres angéliques et des paysages paradisiaques.

Elles sont plus souvent vécues par les personnes sans traitement médicamenteux et qui ne souffrent ni de fièvre, ni de troubles psychiatrique. Plus le mourant est lucide et plus il a de probabilité d’avoir une vision.

L’effet de surprise est important pour la personne qui a des visions à l’approche de la mort. Elle n’a pourtant aucun doute sur la réalité de ses observations, cela quelles que soient ses croyances, y compris si elle est une athée convaincue.

Le mourant a également conscience que lui seul peut voir et entendre ce qui lui fait face. Il fait la différence entre les deux réalités auxquelles il a accès. Lorsque l’état de santé ne permet plus à la personne en phase terminale de s’exprimer, son comportement permet de comprendre qu’elle vit ce genre de phénomène : cris, agitation, bras tendu et doigt pointé pour montrer quelque chose, sourires dans le vide, apaisement soudain, mouvements laissant entendre une discussion, etc.

 

Témoignage

Yvon Chevalier donne ce témoignage dans l’ouvrage Nos vies oubliées de Pascale Lafargue. Il raconte ce qu’il s’est passé alors qu’il accompagnait son beau-père (athée convaincu) sur son lit de mort : ” La dernière semaine avant qu’il nous quitte, des périodes d’inconscience alternaient avec son état éveillé où il semblait être en contact avec d’autres plans de réalité. Il tendait le bras valide en pointant son doigt pour nous montrer ce qu’il voyait au-dessus de lui. Dans ses yeux se lisait son étonnement et un sourire illuminait son visage. Inlassablement il répétait le même geste en essayant parfois d’attraper l’objet de sa vision et semblait ne pas comprendre notre passivité.“(2)

 

Ce que voient les patients en phase terminale

  • Des proches déjà décédés : conjoint, parents, enfant, frère ou sœur, grands-parents, ami. Il ne fait aucun doute pour la personne mourante que ce ou ses proches sont venus le chercher pour le guider de l’Autre Côté. En général, la communication se fait télépathiquement, mais le dialogue peut prendre la forme d’une discussion tout à fait normale dont on n’entend que les dialogues du mourant. Il s’agit d’un vrai échange qui peut paraître étrange par son étonnante normalité. On peut relever que le mourant n’est parfois pas au courant du décès de la personne qu’il aperçoit à côté de son lit, ce qui exclut toute hallucination.
  • Des paysages d’une beauté indescriptible, souvent en lien avec ce qu’aimait la personne mourante : montagnes, bords de mer, etc.
  • Dans des cas plus rares sous nos latitudes : des entités en lien avec leur religion ou croyances, mais dans d’autres pays, notamment en Inde, c’est ce type de vision qui prime.

Les mourants n’ont pas la vision de personnalités célèbres à moins, bien entendu, d’avoir un lien de parenté avec elles.

Ces visions, contrairement aux hallucinations, ont dans tous les cas un effet très positif. Un sentiment de paix et de confiance succède à ce qui était parfois un effroi intense face à sa propre finitude et la peur de la mort disparaît immédiatement.

 

Les différences entre les visions à l’approche de la mort et les hallucinations

  • Courte durée des visions par rapports aux hallucinations qui durent en tout cas plusieurs jours.
  • Effet apaisant et réconfortant des visions par rapports aux hallucinations qui sont effrayantes.
  • Cohérence des visions mettant en avant la mort prochaine de celui qui les vit, alors que les hallucinations sont décousues et sans thématique propre.
  • Délivrance de la peur de la mort dans le cas des visions, alors que les hallucinations font peur et ne changent pas l’approche que le patient a face à la mort.

 

 

Alexandra Urfer Jungen

 

  1. E. Kelly, B. Greysin, I. Stevenson, Can Experiences on Near-Death Furnish Evidence of Life After Death?, Omega, 40,1999-2000
  2. Pascale Lafargue, Nos vies oubliées, JMG éditions, 1999, p. 162