Qui est touché par le VSCD ?

 Photo AUJ

Un phénomène répandu

Il est très courant de vivre des situations de Vécu Subjectif de Contact avec un Défunt (VSCD). En France, on comptabilise 24% des endeuillés ayant vécu ce type de phénomène et entre 20 et 45% aux Etats-Unis. (1). Certaines études montrent même que 50% des personnes ayant perdu un conjoint et 75% des parents d’enfants décédés vivent des VSCD .

Malgré leur nombre conséquent, ceux qui les vivent se posent souvent cette question : “Est-ce que c’est moi qui imagine ? Est-ce que le deuil me fait perdre la tête ?”. Ils ne sont pas aidés par la culture occidentale pour qui ces phénomènes n’existent pas. Conséquence: la plupart des personnes vivant des VSCD n’en parle pas de crainte de passer pour folles. Les endeuillés peuvent ainsi être particulièrement démunis face à ces expériences hors-normes.

 

Entre deux et quatre contacts avec le défunt

Le professeur américain associé du Neumann College à Aston, James A.Houck, a noté dans son enquête que les endeuillés vivent généralement entre deux et quatre contacts avec leurs défunts et que ce sont… les proches décédés qui initient la relation ! Dans la majorité des cas, l’objectif est d’aider les vivants à gérer leur deuil en prouvant que les morts continuent à exister ailleurs.

Il n’y a aucune spécificité de sexe, de niveau social, d’instruction, de nationalité ou de religion concernant les personnes vivant un VSCD. On notera cependant que les personnes décédées de mort violente apparaissent plus souvent à leurs proches. Les parents qui ont perdu un enfant sont aussi plus nombreux que la moyenne à vivre ce phénomène. 

La chercheuse suisse Evelyn Elsaesser confirme cette analyse. “Même s’il n’est pas forcément nécessaire d’être en deuil ni même de connaître le défunt pour vivre un VSCD, le lien émotionnel “proche et aimant “entre les récepteurs et les défunts perçus reste un facteur clé dans la survenue de ce contact entre les mondes. L’étude précise que 85% ont ainsi immédiatement et sans hésitation reconnu le défunt perçu. “Sans surprise, il s’agit majoritairement de membres de la famille, de conjoints, partenaires...” (3)

 

Le VSCD chez les enfants

Les enfants sont pour leur part très enclins à avoir un VSCD. Les visions concernent le plus souvent un proche décédé qui va être vu et/ou entendu peu après sa mort. Ces apparitions ne vont pas forcément s’exprimer oralement, mais leur vision est généralement interprétée comme un « Tout va bien. Ne t’inquiète pas. Je continue à veiller sur toi ».

Cela a été le cas d’un adolescent de 15 ans qui m’a raconté ce qu’il avait vécu un an plus tôt à la mort de son grand-père dont il était très proche. Le lendemain du décès, il a clairement vu apparaître trois ombres au pied de son lit : son grand-père, son oncle (lui aussi décédé quelques temps avant le grand-père) et son « petit frère », décédé avant sa naissance. Il s’étonnait encore au moment où il m’a fait son témoignage de ne pas avoir eu peur. Il n’y a pas eu de message, ni de paroles échangées, mais cette vision a rassuré l’adolescent en lui rappelant que les membres décédés de sa famille étaient réunis et que tous gardaient un œil sur lui.

La grande difficulté pour les enfants vivant ce phénomène est de pouvoir raconter ce qu’ils ont vécu car trop souvent confrontés à l’incrédulité des adultes. Ils se retrouvent donc seuls pour donner du sens à leur VSCD. Cependant, ces expériences hors-normes vont souvent transformer les plus jeunes: « Hart (2003) et Lawson (2) constatent que ces expériences tendent à modifier la vision du monde de ces enfants, à influencer les choix qu’ils feront plus tard dans leur vie et à leur procurer une profonde révérence de la vie.» (4)

 

Alexandra Urfer Jungen

 

1. W. Dewi Rees , “The hallucination of widowhood », British Medical Journal, 4, 1971, pp 37-41
2. Lawson L. Visitations from the Afterlife, San Francisco, Harper San Francisco, 2000
3.Carine Anselme, “Quand nos défunts nous (é)veillent”, Inexploré, N°50, p.100
4. Evelyn Elsaesser-Valarino, « Vécu subjectif de contact avec un défunt » in Manuel clinique des expériences extraordinaires, 2013, p.119