La méditation et les capacités psi

Photo Laura Jungen

Lien entre méditation et capacités psi

Le lien entre méditations et capacités psi a été étudié par la psychologue Gertrude Schmeidler des années 1970 aux années 1990. Elle eut l’idée de tester des étudiants en psychologie qui n’avaient pas d’intérêt et de connaissances spéciales ni pour l’un, ni pour l’autre. Un premier test a montré que leurs capacités dans le domaine de la clairvoyance étaient au niveau du hasard. Mais après avoir reçu une courte formation à la méditation et aux techniques de respiration avec un yogi indien, les premières expérimentations, très courtes, ont montré des résultats positifs dans 9 expérimentations sur 16. Avec si peu d’expérimentations, il y n’avait qu’une seule chance sur 61 millions que cela soit dû au hasard. Ces résultats ont été confirmés ultérieurement.

La chercheuse en a conclu : « La méditation favorise le succès de la PES si (et seulement si) les méditants acceptent de bon cœur la procédure expérimentale et les objectifs de la recherche. » (1)

 

Ce qu’en disent les traditions bouddhistes et hindouistes

Dans les traditions bouddhistes et hindouistes, les capacités paranormales n’ont rien d’exceptionnel.

« Tant les approches hindouistes que bouddhistes affirment que les praticiens de la méditation pourraient développer une sorte de super-cognition, des facultés spéciales (les siddhis) qui dépassent nos capacités normales.

La théorie bouddhique prédit que six sortes de siddhis peuvent émerger… Il est remarquable que la siddhi la moins spectaculaire – la destruction des pulsions impures- soit également vue comme la plus importante. Les autres sont la psychokinèse, la clairaudience, la connaissance télépathique, la connaissance rétro-cognitive… et la clairvoyance. Les « Yoga Sutras » présentent la plupart de ces siddhis comme découlant de la pratique prolongée du yoga. A la fois dans l’approche hindouiste et dans l’approche bouddhiste, les siddhis ne sont pas considérés comme très importants.» (2)

 

Les deux types de clairvoyance

La psychologue britannique Serena Roney-Dougal a pour sa part développé un programme de recherche avec des nonnes et des moines yogiques pour étudier le lien qu’il pouvait y avoir entre méditation et capacités psi. Elle a également travaillé avec des moines bouddhistes tibétains. Voilà ce que ces derniers lui ont expliqué :

« Les Tibétains distinguent deux types de « clairvoyance » [vision à distance couplée à la voyance]. Ils considèrent que celle qui émerge dans les recherches des parapsychologues occidentaux est une capacité de faible niveau, peu fiable et sujette à la fraude. Ils considèrent que beaucoup de personnes ont cette capacité et que ce serait une capacité innée liée au karma dans les vies passées, bien qu’elle puisse néanmoins bénéficier de l’entraînement et de la méditation.

La clairvoyance accessible lorsque vous atteignez le Samadhi [état de profonde méditation qui absorbe l’être en entier] serait une capacité de haut niveau et fiable. Lors d’entretiens avec plusieurs moines, l’accent fut mis encore et encore sur le fait que peu de personnes atteignent le Samadhi et les capacités de clairvoyance, et même à ce niveau la clairvoyance ne serait fiable qu’à 80%. L’omniscience ne survient qu’avec l’Illumination totale. Toutes les personnes qui pratiquent la méditation ne vont pas atteindre le Samadhi, si bien que toutes les personnes qui pratiquent la méditation ne vont pas devenir des sujets psi. » (3)

Le résultat des recherches de Serena Roney-Dougal a montré une petite corrélation de 33 chances contre 1 que les résultats positifs de clairvoyance des ashrams yogiques soient liés à la pratique de la méditation. Par contre les résultats sont montés en flèche dans les monastères tibétains avec une relation de 2000 contre 1. Les résultats mis ensemble montrent un taux de 8500 contre un. Elle confirme donc le lien statistique entre pratique de la méditation et capacités psi.

 

Le cerveau des méditants

« Britta Hölzel, une chercheuse en psychologie à l’université de Harvard a conduit une étude d’IRM structurelle pour mesurer les modifications de matière grise induites par le Programme MBSR [mindfulness-Based Stress Reduction, en français: réduction du stress basée sur la méditation en pleine conscience]. Des scans anatomiques furent obtenus avant et après que ceux-ci intègrent un programme MBSR. Le groupe MBSR fut comparé avec un groupe de contrôle de 17 individus qui ne pratiquaient pas la méditation. Les participants dans le groupe MBSR méditèrent environ 45 minutes par jour, pendant huit semaines. Chez eux, une augmentation de la densité de matière grise fut mesurée dans les régions du cerveau impliquées dans l’apprentissage, la mémoire, l’empathie, et la régulation des émotions – la capacité à utiliser des stratégies saines pour faire face à des émotions désagréables lorsque c’est nécessaire. Aucun changement dans la densité de la matière grise ne fut mesurée dans le groupe de contrôle. » (4).

D’autres études ont montré qu’une pratique de la méditation améliore, même plusieurs mois après la pratique, la sensation de bien-être, augmente la capacité d’attention et augmente l’empathie à l’égard des autres personnes souffrantes.

 

 

Alexandra Urfer Jungen

 

1. Schmeidler G., « ESP experiments 1978-1992 », in Krippner S., ed. Advances in Parapsychological Research, vol.7, Jefferson, N.C. : Mc Farland ; 1994:104-197
2. P. Sedlmeier, J. Eberth, M. Schwarz, « The psychological effects of meditation: A meta-analysis”, Psychological Bulletin Journal, May 14, 2012
3. SM Roney-Dougal, J.Solfvin, J.Fox, « An exploration of the degree of meditation attainment in relation to psychic awareness with Tibetan Buddhists », Journal of Scientific Exploration, 2008, 22(2), pp 161-178
4. Beauregard M., Les pouvoirs de la Conscience, InterEditions/INREES, p. 82