Bilan des études sur les capacités psi

Quand la raison diminue les résultats

Les études scientifiques concernant les phénomènes psi montrent des résultats significatifs d’un point de vue statistique. Des résultats qui pourraient sans doute être bien supérieurs sans l’intervention de… la raison. C’est en tout cas le constat du chercheur Charles Tart :
« Ce que la plupart de mes co-expérimentateurs et moi-même trouvions particulièrement intéressant était le caractère apparemment inconscient de la manifestation des capacités psi. De manière répétée, en tant qu’expérimentateur ou émetteur, nous étions amenés à allumer la cible sélectionnée aléatoirement afin que sur la console de l’individu percepteur, le signal lumineux « Prêt » soit activé. Via une télévision en circuit fermé, nous voyions alors le percepteur lever immédiatement le bras et arrêter sa main au-dessus de la bonne cible. Nous nous mettions à « crier mentalement » (aucun son réel n’étant bien sûr autorisé) : « Allez vas-y, appuie donc sur ce bouton ! Mais enfin appuie ! C’est le bon ! ». Finalement, l’individu percepteur déplaçait brusquement la main et appuyait sur le mauvais bouton ! » (1)

 

Preuves irréfutables de l’existence des phénomènes psi

On peut relever que la méthode statistique utilisée pour l’analyse des phénomènes psi est identique à celle employée, notamment, dans les domaines de la psychologie et de la pharmacologie. Seule différence: dans le cas des phénomènes psi, les standards sont plus élevés à cause des critiques systématiques faites à l’encontre des études touchant à la parapsychologie. 

« Les « preuves scientifiques » de l’existence des phénomènes psi tiennent dans ces chiffres qui sont irréfutables. Toutes les accusations possibles de fraude, de tricherie, de dissimulation de résultats négatifs, ont été portées à l’encontre des chercheurs en parapsychologie, et les méthodes d’analyse statistique ont été affinées pour être irréprochables. Même Richard Wiseman, psychologue britannique et féroce critique de la parapsychologie, a fini par le reconnaître.

En fait, deux sondages ont montré que les scientifiques, en général, sont bien plus ouverts à la possibilité de la perception extrasensorielle qu’on pourrait le croire. Plus de la moitié (56%) des cinq-cents scientifiques interrogés dans le premier cas a reconnu que la perception extrasensorielle est un fait établi. Le second sondage a questionné plus de mille scientifiques, qui ont répondu positivement à 67%. Une autre étude a montré que seuls 3% des chercheurs en sciences de la vie considéraient la perception extrasensorielle comme une impossibilité, contre 34% des psychologues. Ces chiffres rapportés par l’auteur Chris Carter montrent que les mentalités évoluent au sein de la « communauté scientifique », cette entité mal identifiée, mais qui en tout cas n’est pas uniforme ». (2)

 

La mauvaise foi des détracteurs

Comme le dit l’américain Dean Radin, ingénieur et docteur en psychologie face aux détracteurs des phénomènes psi : « Certains sceptiques disent effectivement qu’il n’y a pas de preuve scientifique. C’est exaspérant d’entendre ça, parce que ça signifie qu’ils ne sont pas au courant des preuves qui ont fait l’objet de milliers de publications, et pas seulement dans des journaux obscurs. Des travaux ont été publiés dans les meilleurs périodiques du monde. Il faut se renseigner. On se rend alors compte qu’il y a énormément de recherches, et énormément de preuves… Nos expériences se situent en amont de nos explications scientifiques. C’est pour cela que nos observations sont si importantes. Si nous avions à faire à des phénomènes qui étaient déjà acceptés, ou qui ne contredisent pas si violemment les théories en vigueur, la preuve de leur réalité aurait déjà été acceptée depuis fort longtemps. D’un point de vue statistique, nous avons une certitude quasi absolue que ces phénomènes sont réels. Ce point est d’ailleurs reconnu par les plus sceptiques des sceptiques. Si ces faits devaient être scientifiquement évalués, dans des conditions normales, ils seraient prouvés. Mais ces sceptiques ajoutent que ces faits sont tellement extraordinaires, si étranges au regard des théories scientifiques actuelles, qu’il faut encore et encore plus de preuves pour réussir à les accepter. » (3)

 

Alexandra Urfer Jungen

 

1) Charles Tart, Le psychologue, la science et l’extraordinaire, InterEditions, Paris, 2012, p.112)
2) Jocelin Morisson, Intuition et 6e sens, Editions de La Martinière, 2013, p. 126
3) Propos recueillis par Stéphane Allix, « Science et sixième sens, rencontre avec Dean Radin », Inexploré N°13, mars 2012