21. L’écriture et la langue d’En-Haut

 

Samantha a toujours gardé des liens avec En-Haut. Il y a évidemment ses anciens collègues qui passent parfois discuter avec elle, mais il y a aussi tous ses souvenirs de « Là-Haut » qui ne cessent de grandir au fil du temps. Pas étonnant que ma cadette s’énerve grandement durant le culte de confirmation de ma filleule lorsque le pasteur affirme péremptoirement : « Personne n’a jamais vu Dieu ». Elle qui a des souvenirs vifs de l’Au-Delà bouillit littéralement sur place. Voilà qui la renforce dans sa conviction de ne pas aller à l’église, ce d’autant plus qu’elle entend clairement les êtres d’En-Haut réagir lorsque le pasteur ou les catéchètes donnent des éléments « inexactes » ou « incomplets » sur la Bible. C’est en tout cas, ce qu’elle m’affirme.

 

Le déclic “Supernatural”

En janvier 2018, nous regardons depuis quelques temps la série télévisée « Supernatural ». La vision de l’Au-Delà et de l’Invisible qui y est retranscrite est la plupart du temps à un océan de distance de ce que nous constatons et vivons, mais cela nous amuse de suivre cette série américaine. Cependant, lorsque nous regardons l’épisode 16 de la saison 5, « Axis Mundi », dans lequel les personnages principaux se retrouvent au « Paradis » quelque chose se passe. L’épisode a un effet déclencheur important chez Samantha qui se souvient d’un coup de plusieurs nouveaux éléments concernant l’Au-Delà. Voilà ce qu’elle me raconte :

La revue de vie : Les anges sentent s’il y a besoin pour la personne nouvellement décédée de revoir sa vie dans son entier, seulement des petits bouts et s’il n’y en a pas besoin ou pas envie. « Les anges ne forcent pas à avoir une revue de vie. Des gens n’en ont pas envie, surtout si leur vie a été traumatisante. Les anges sentent quel moment montrer qui pourrait apporter du bien. Dans ce cas-là, les anges gardiens sont ceux qui ont le plus de connaissance de la vie de la personne, ce sont donc eux qui accompagnent souvent pour la revue de vie. » « Moi, je n’ai jamais eu de revue de vie. La première fois que je suis morte [en France], je me suis faite engueuler tout le temps et j’ai fini par faire un arrangement [pour changer d’ange], car mon ange gardien savait aussi que cela n’allait pas le faire [de continuer ensemble]. Quand je suis morte à Brooklyn, je n’ai pas eu besoin d’une revue de vie. On ne m’a pas dit quoi que ce soit [sur la vie que je venais d’avoir]. »

La vision du Paradis: « On a chacun sa version du Paradis, mais tu peux aller dans le monde de quelqu’un d’autre. Tu peux aller voir un ami dans sa propre version du Paradis. »

 

Le vocabulaire de l’Au-Delà

Samantha se souvient surtout du vocabulaire et de l’écriture de l’Au-Delà :

« On n’écrivait pas. On avait des lettres qui apparaissaient et qui scintillaient, mais elles ne tenaient pas en place. C’était mouvant et en relief. Il y a beaucoup, beaucoup de lettres, mais 27 lettres ressemblent à notre alphabet. Celles dont je me souviens :

Il y a aussi des mots qui lui apparaissent soudainement. Des mots étranges qui ont peu à voir avec notre quotidien terrestre :

  • Locodila : Il s’agit d’un ensemble formé par des « âmes-sœurs ».
  • Pilica (se prononce pilitcha) : « c’est un protecteur des animaux qui ressource les animaux en énergie. »
  • Embrika : « c’est un protecteur qui protège de la guerre. Il s’agit d’une personne humaine extérieure à la guerre qui est désignée par des archanges. Elle protège de la guerre en amenant la paix, la foi et l’amour. Elle va faire appel à la sagesse. »
  • Enkélique : « durant la guerre, quand on se rend compte que cela ne vaut plus la peine de se battre pour un petit truc comme ça, on dit : « Ils ont décidé d’enkélique ».
  • Polokia : « c’est un traumatisme créé par un adulte sur le corps du bébé avant que l’âme vienne s’incarner dedans. Il peut arriver qu’au moment de la naissance, il n’y ait pas d’âme dans le corps du bébé. C’est souvent pour ça qu’il ne pleure pas. Il peut y avoir un traumatisme sur le corps peu après la naissance et l’âme est en-dehors pour être protégée. Ça peut être une personne qui lâche le bébé par terre, des médecins qui vont taper le bébé pour qu’il pleure, ça peut aussi être de retour à la maison. » Samantha m’explique que la plupart du temps, l’âme vient dans le corps après le traumatisme, mais il y a des cas particuliers : « J’ai eu le cas quand je travaillais Là-Haut d’un bébé qui était mort à cause de ça. Il était tombé de son lit et il s’était pris une barre du pied du berceau (le berceau était mal vissé). Il n’y avait pas d’âme dans ce bébé, parce qu’on savait qu’il allait mourir assez vite et qu’on ne voulait pas créer de traumatisme pour l’âme. ».
  • Tenïky : protecteur de tout ce qui est vivant dans la forêt : arbres, plantes, animaux, minéraux. Ce n’est pas un ange. C’est un être spécial qui a cette tâche de protection.

Il y a aussi un signe qui ressemble à une petite fleur. Cette « lettre » fait référence à un monde vivant (une planète qui est en elle-même un être vivant), mais vierge et qui a ensuite été ensemencé par les météorites pour qu’il soit habité. Samantha ne se souvient plus si ce sont les météorites qui décident d’ensemencer des mondes vierges ou si elles sont utilisées par des êtres d’En-Haut pour ce travail.

 

Après une rencontre de groupe d’ISSNOE, Samantha a même des phrases venant de l’Au-Delà qui lui reviennent subitement en tête. Elle les a écrites en phonétique :

  • Untalika sun bril locadila espola kientyl nova cloka salbrika = L’âme sœur d’une âme n’est pas que pour une vie incarnée.
  • Sobrika kiola salbrika = incarnation avec le renouveau.
  • Soko berika = le renouveau par la renaissance.

Les deux dernières phrases font, selon elle, allusion au futur de la Terre.

En 2018, le Galetas, l’espace de vente deuxième main du Centre social protestant, mène de très gros travaux de rénovation à Payerne. Pour financer ce projet, cet organisme a fait appel à ses clients en leur proposant d’acheter des « briques » symboliques qui seront ensuite posées avec les mots ou les courtes phrases de notre choix inscrites dessus. Samantha a immédiatement proposé deux mots venant de l’Au-Delà qui lui semblaient très appropriés : Salbrika enioka. Elle nous explique qu’il s’agit d’une formule de protection très difficile à traduire. C’est un mélange de « Dieu vous garde », « vous êtes protégé » et « Une protection est mise en place ».

 

Les réminiscences des enfants

En regardant d’anciens dessins, nous réalisons que très jeune enfant, Samantha essayait déjà de reproduire le lettrage de l’Au-Delà, comme ici en haut et en bas de l’image :

Ce que nous prenons trop souvent pour des gribouillages n’est-ce pas au final les réminiscences maladroites d’une autre écriture ?

 

Durant le printemps 2018 et aujourd’hui encore, Samantha créé spontanément des tableaux intégrant des lettres de l’Au-Delà. Des tableaux qui sont littéralement habités par l’énergie de la lettre utilisée : protection, santé, énergie, etc. Il y a aussi ces tableaux qui évoquent les Passages entre dimensions ou des réalités venues de l’Autre-Côté.

Quand elle est derrière ses pinceaux, Samantha se laisse porter, mais elle reste toujours maîtresse de ses gestes. Pas question de possession, même positive. C’est bien elle qui dessine sur la base de ses mémoires et de ses contacts avec l’Au-Delà.

 

Le pupitre de travail

En mars 2019, ma cadette se souvient subitement de l’outil de travail qu’elle utilisait lorsqu’elle était En Haut. Il ressemble à un pupitre de conférencier avec un écran sur le dessus.

Elle m’explique que le « bureau » était constellé de signes également sur les côtés et que la partie supérieure était un peu comme une tablette numérique.

Samantha était derrière ce « bureau » lorsqu’elle accueillait les âmes nouvellement décédées. Là, elle demandait aux nouveaux-venus ce qu’ils souhaitaient faire : rejoindre leur famille, s’installer dans un coin tranquille, se réincarner, travailler pour le Ciel, etc. Le nom de la personne s’affichait sur l’écran et par la pensée, Samantha inscrivait le choix dans le dossier.

A la même période, elle réalise que plusieurs anciens collègues d’En-Haut sont aussi incarnés. Beaucoup de ceux que nous croisons travaillent dans le domaine des médecines alternatives. Elle rencontre aussi l’un d’entre eux durant les rencontres de groupe d’ISSNOE et sourit en réalisant que si son physique est fort différent, son caractère est bien le même qu’En-Haut.

Elle m’indique également à ma grande surprise que des anges peuvent s’incarner comme humains. C’est le cas m’apprend-elle d’une jeune artiste américaine nommée Akiane Kramalik. Cette jeune femme a des dons hors-normes pour la peinture depuis qu’elle est une jeune enfant et elle dessine essentiellement des paysages de l’Au-Delà. Samantha se souvient qu’elle a collaboré avec elle lorsque Akiane était un ange dont le nom se prononçait « Maïseté ».

Je découvre également que de nombreuses personnes écrivent des textes d’En-Haut sans s’en rendre compte. Elle a ainsi vu un de ses remplaçants faire des signes lisibles d’elle, alors qu’il pensait seulement gribouiller des petits dessins pour passer le temps. Elle a aussi vu des lettres d’En-Haut graphées sur des murs, notamment tout près de son école. Elle n’est pas du tout étonnée de cette situation : de très nombreuses personnes travaillant dans l’Au-Delà ont été envoyées sur Terre pour cette période particulière. Il est normal qu’elles aient, inconsciemment ou non, gardé des bribes de leur ancienne vie.

 

Alexandra Urfer Jungen

 

La suite: 22. Travail, site internet et vie courante