13. Une ado au milieu des esprits

 

La médiumnité de Samantha ne s’atténue pas en vieillissant. Au contraire. Maintenant qu’elle est adolescente, elle maîtrise  mieux son don pour ne plus être envahie par les désincarnés lorsqu’elle souhaite être tranquille : « Il y a une porte que je laisse juste entrouverte. » Elle ne la ferme jamais pour toujours être disponible aux cas d’urgence.

Elle m’avoue cependant qu’elle regrette bien souvent sa vie En-Haut : « Moi, j’aurais préféré rester de l’Autre Côté pour pouvoir continuer à aider les personnes décédées, mais peut-être que je suis finalement là pour leur dire ce qu’il y a après. Je crois que ceux qui peuvent voir les esprits, ce sont ceux qui ont travaillé Là-Haut avant. »

 

Les esprits à l’école

Elle me confirme une fois encore que les esprits sont littéralement partout. Elle les voit quand elle est à l’école : « Au camp de ski (mi-mars 2017), dans le vieux village d’Evolène, là où il y a certaines maisons abandonnées, il y a beaucoup d’esprits. Le village continue d’être habité par des esprits !

Il y a aussi un « garçon-esprit » dans la classe en face de la mienne. Je suis sûre qu’il était avant ici [à Payerne] à l’école. Il a 11 ou 12 ans et il a les cheveux châtains assez courts. Il porte des habits bien différents de maintenant, peut-être des années 90. Il a une sorte de jaquette blanche. Il n’est pas passé de l’Autre Côté. Il est différent des autres esprits que je vois d’habitude. Lui, il est grisâtre. Il n’est pas d’un bleu qui n’existe pas sur Terre. C’est comme s’il avait perdu toute couleur. Mais c’est un enfant qui est « monstre heureux » ! Il sourit constamment, pourtant il n’a pas de couleur. C’est comme s’il était dans un vieux film. Il voit que moi, je peux le voir. Il vient toujours. Il me tire les mèches de cheveux de derrière et me fait des « guili » dans le dos et le prof me gronde et me dit de rester tranquille, parce que je gigote sur ma chaise ! Je demande au « garçon-esprit » d’arrêter et il part en courant et en rigolant. Du coup, je n’ai jamais pu parler avec lui.

Dans l’école, il y a tout plein d’esprits qui passent tout droit. Il y a aussi des profs, dont un horrible prof qui a une règle pour taper les doigts, mais lui, il me fiche la paix maintenant. Il y a aussi des élèves, mais parfois, j’ai de la peine à savoir si ce sont des esprits ou des élèves. Quand tu as d’autres élèves vivants qui les traversent, c’est plus simple ! »

 

Rencontres entre ados

Les désincarnés passent aussi à la maison. Comme ceux qu’elle appelle « les p’tits rigolos » venus en juillet 2017 :

« Ils sont venus il y a trois nuits. J’étais en train de m’endormir et ils sont venus jouer avec ma lampe qui fait des « gling-gling » en croyant que je ne les voyais pas. C’étaient deux enfants entre 7 et 8 ans et un jeune qui avait dans la vingtaine. Je pense que c’étaient trois frères. Ils étaient déjà tous passés de l’Autre Côté. Ils étaient en train de voler au plafond à s’amuser à faire « gling-gling » et je les ai engueulés mentalement : « Hey ! Vous avez fini ! ». Là, ils ont ronchonné, ils ont arrêté et ils sont partis. Je pense qu’ils n’avaient pas compris que c’était moi qui leur parlais.

Ils sont revenus le lendemain et ils ont recommencé à faire « gling-gling » sur ma lampe. J’ai ouvert les yeux, je les ai regardés en les fixant bien et là, j’ai dit à haute voix : « C’est fini, là !? ». Ils ont fait une de ces têtes ! Ils étaient entre surpris, choqués et désemparés. Ils ont bogué pendant cinq minutes de montre et ils sont partis « mode » marche arrière !

Ils sont revenus le jour d’après pour être sûrs que c’était vrai que je les voyais et là, ils ont joué avec la clochette de mon attrape-rêve. Je les ai regardés et j’ai pensé vers eux : « Non ! Mais vous êtes sérieux ? ». Ils se sont assis par terre et je leur ai demandé pourquoi ils faisaient ça. Ils m’ont dit qu’ils s’ennuyaient. J’avais déjà ça quand je travaillais de l’Autre Côté : des gens venaient me voir, parce qu’ils s’ennuyaient et ils m’empêchaient de travailler. J’ai demandé à Joachim s’il voulait jouer avec eux, mais il était trop occupé. Il part [s’incarner] dans pas très longtemps. Pour finir, j’ai discuté avec les trois frères et ils sont partis.

Il y a aussi eu d’autres esprits qui sont passés ensuite dans mon grenier. Trois jeunes ados. Eux aussi, ils s’ennuyaient et venaient passer le temps à la maison. Je suis une attraction pour les esprits !

Les esprits s’incrustent même dans ses rêves. Comme cet homme qui l’énervait au plus haut point : « Un homme qui date du western [conquête de l’Ouest américain] influence mes rêves depuis quatre/cinq nuits. Je fume, alors que je n’ai jamais fumé, même dans mes autres vies ! J’ai toujours une cigarette roulée avec une feuille brunâtre pour entourer le tabac. Ce n’est pas le genre de cigarette d’aujourd’hui ! Je me retrouve souvent dans un bar ou dans une rue d’un village western avec toujours une cigarette au bec. L’homme qui influence mes rêves dégage en mode « BipBip » quand je me réveille et moi, j’ai envie de tousser quand je me lève ! »

 

Les amis désincarnés

Samantha a aussi ses fidèles amis invisibles avec qui elle discute sur le chemin de l’école, comme ce vieux monsieur qui la rejoint régulièrement sur la route près de chez nous. Un homme charmant qui devait sans doute résider dans la rue avant son décès qui date déjà d’un certain temps. Il aime partager avec Samantha ce qu’il se passe chez sa petite-fille aujourd’hui adulte et maman à qui il rend régulièrement visite. Il raconte aussi à Samantha quelques éléments de son ancienne existence comme son amour des voyages qu’il n’a pas pu concrétiser autant qu’il l’aurait souhaité, faute de moyens financiers suffisants. Quand j’ai vu Samantha la première fois après qu’elle ait été raccompagnée, elle m’a tout de suite dit : « Maman, t’inquiète pas, j’étais pas au téléphone. Je l’avais dans la main pour pouvoir parler au vieux monsieur qui est tout le temps le long de la rue. Ah oui ! Mais, toi, tu ne le vois pas… ».

Ma fille va aussi souvent se promener au milieu des champs à quelques minutes de notre domicile pour prendre l’air et « voir du monde ». S’il peut lui arriver de croiser une ou deux personnes bien en chair et en os, elle va surtout à la rencontre d’amis décédés (« en même temps les humains vivants, ils sont chiants, pas intéressants ! »). Il s’agit la plupart du temps des personnes « âgées » qui ont vécu près de chez nous et qui lui racontent souvent comment était la vie à Payerne à l’époque. « Elle était tellement différentes ! Beaucoup « plus, mieux, bien » qu’actuellement !  Ils le disent pas directement, mais grosso modo c’est ça ».

Samantha profite aussi de ses balades pour se connecter avec « En-Haut » et avoir des réponses à certaines questions qu’elle se pose. Souvent, elle a une partie des renseignements qu’elle cherche par souvenirs ou mémoire directe, mais elle complète les informations par ces connections avec l’Autre Côté. « Certains anciens collègues ne savent pas que je me suis incarnée, mais d’autres le savent et on a gardé le contact je ne sais pas trop comment. Ils savent qu’en se réincarnant, ce n’est pas toujours facile de garder le souvenir de tout. Mais le contact, c’est le plaisir de discuter un moment, d’échanger ».

 

Ils sont partout !

En écoutant Samantha, je réalise que nous sommes perpétuellement environnés de désincarnés. Elle me raconte par exemple ce qu’il s’est passé lorsqu’elle a passé son permis vélomoteur le 16 août 2017 à la Bécherette à Lausanne. Il y avait ce jour-là énormément de monde et une attente de plus d’une heure et demi pour pouvoir entrer dans la salle d’examen. « J’ai pu voir qu’il y avait des gens à côté de ceux qui passaient le permis. C’étaient des esprits, généralement de la famille, qui venaient encourager celui qui passait le permis. Il y avait une arrière-grand-mère qui était très à cheval sur le fait que son arrière-petite-fille aurait dû mieux répéter ! Elle a commencé à lui dire ça avant de passer le permis et après, quand la fille a dû aller le passer, moi j’étais juste derrière elle. Vu la tête de son arrière-grand-mère quand je suis sortie (j’ai fini avant la fille), je pense qu’elle n’a pas dû réussir : pour l’arrière-grand-mère, c’était comme si c’était la catastrophe mondiale, une apocalypse ! »

 

La Dame Blanche

Il y a aussi les souvenirs qui reviennent en voyant des films ou des séries télévisées, comme cela a été le cas en visionnant l’épisode « la Dame Blanche » de la saison 1 de la série « Supernatural ». Samantha m’a rappelé qu’elle avait elle aussi vu une « Dame Blanche » lorsqu’elle était enfant. Et, effectivement, je me suis souvenue qu’elle m’en avait parlé lorsqu’elle avait 7 ou 8 ans. La « Dame Blanche » qu’elle a rencontrée s’appelait Rosalie. Elle semblait avoir une vingtaine d’années. Elle avait de longs cheveux blonds qui descendaient jusqu’à la taille. Elle était habillée d’une robe de chambre blanche et son teint était très pâle (plus que les autres esprits qu’elle rencontre habituellement). C’était le teint d’une personne qui protégeait sa peau du soleil, comme c’était le cas dans les années 1800. D’ailleurs, elle avait des vêtements et un « langage d’avant ». Rosalie jouait la grande sœur avec Samantha. Elle était très gentille et elle veillait sur elle en plus de ma maman et de ma sœur, alors que je travaillais sur Lausanne. D’après Samantha, Rosalie est maintenant soit réincarnée, soit elle a trouvé un travail dans lequel elle s’épanouit « En-Haut ».

 

Le Tunnel

A la même période, Samantha me permet de visualiser clairement à quoi ressemble le fameux tunnel dont on parle tant dans les expériences de mort imminente. En lisant l’ouvrage Messages from Water de Masaru Emoto, Samantha réagit fortement en voyant une image :

 « Ça ressemble au tunnel pour passer de l’Autre Côté, mais en beaucoup moins lumineux. Normalement le tout (le tour et l’intérieur) est très lumineux. Suivant quelle personne passe, le tunnel ressemble à ça. La forme dépend des personnes. Mais ça, c’est une forme assez courante.

Il n’y a pas de monde autour du tunnel. Seulement au bout. Il y a par contre toujours quelqu’un qui nous accompagne pour passer de l’Autre Côté. ».

 

Alexandra Urfer Jungen

 

Image « The Japanese spirit », tirée de la page 29 de l’ouvrage « Messages from Water / Vol. 2» de Masaru Emoto

 

La suite: 14.Souvenirs de vies antérieures japonaises